L’actualité nous rappelle cette semaine une autre conséquence du retour potentiel du
Parti Québécois au pouvoir : le Québec et ses demandes redeviennent soudainement un véritable enjeu au Canada.
La nation québécoise a subi une grave injustice en 1927.
Cette année-là, le Conseil privé, une institution britannique, a amputé le territoire du Québec en attribuant le Labrador à Terre-Neuve. Le pouvoir colonial, après la Conquête, après avoir renié ses engagements envers les Canadiens français et après avoir marginalisés ceux-ci dans la fédération, a encore une fois penché en défaveur du Québec.
Or, qu’elle remonte à 10 ans ou à 100 ans, une injustice demeure une injustice. Tous les gouvernements du Québec, quelle qu’ait été leur couleur politique, de Louis-Alexandre Taschereau à Bernard Landry, en passant par Maurice Duplessis et René Lévesque, ont maintenu la même position : le Québec n’accepte pas la décision de 1927 et ne reconnaît pas la frontière du Labrador.
Tous les gouvernements du Québec ? Oui. À l’exception de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui n’a même pas cru bon rappeler le différend concernant la frontière lors de la conclusion du protocole d’entente de décembre 2024 avec le gouvernement terre-neuvien sur la centrale électrique de Churchill Falls.
Cette absence de volonté chez les caquistes de défendre la position historique du Québec n’est pas sans rapport avec les propos de Tony Wakeham, tenus cette semaine. Le premier ministre de Terre-Neuve prétend que le dossier de la frontière du Labrador est « clos depuis longtemps », une prétention qui ignore la position maintenue par tous les gouvernements du Québec depuis 1927, sauf celui de Christine Fréchette.
Évidemment, on ne peut pas compter sur les partis fidèles à Ottawa, qu’ils soient libéraux ou caquistes, pour réclamer réparation. Seul le Parti québécois l’a souligné en décembre 2024 : ça coûte cher aux Québécois que François Legault et Christine Fréchette — alors ministre de l’Énergie — aient oublié l’histoire du Québec et du Labrador. En accréditant la théorie que c’est Terre-Neuve qui est victime d’une injustice à cause du contrat de 1969 sur Churchill Falls et en abandonnant la position historique du Québec sur la véritable injustice de 1927, le gouvernement Legault-Fréchette a fait des concessions majeures plutôt que d’obtenir des compensations pour l’amputation du Labrador.
Il est donc évident pour nous que le différend concernant la frontière avec Terre-Neuve demeure, et qu’il fera nécessairement l’objet de négociations advenant l’indépendance du Québec.
Un Québec indépendant soumettra donc une demande de réparation de cette injustice dans le cadre de la négociation globale avec le Canada, comme l’explique le Livre bleu que nous avons publié récemment.
Politiquement, ce que révèle une sortie comme celle de M. Wakeham, c’est que les premiers ministres des autres provinces, comme celui de Terre-Neuve, n’ont jamais eu à s’inquiéter, sachant que les caquistes feraient toujours le dos rond. Comme les libéraux de Philippe Couillard avant eux.
Mais les choses ont changé. Face au soutien dont le Parti québécois bénéficie présentement, les premiers ministres des provinces et du Canada comprennent que nous, contrairement à la CAQ et au Parti libéral du Québec, ne passerons jamais sous silence ce qui touche aux intérêts supérieurs de la nation québécoise.
Et ils n’ont eu qu’à lire le Livre bleu pour s’en convaincre.
À quelques mois des élections de 2026, nous tenons donc à réaffirmer que le Parti québécois est là pour veiller au grain. Au-delà de l’indépendance, notre formation n’a qu’une seule loyauté : celle envers le peuple québécois. Nous serons toujours là pour exiger les pouvoirs qui nous reviennent et défendre les intérêts du Québec, point final.
Mark Carney l’a compris. Tony Wakeham aussi